La boucle est bouclée !

La boucle est bouclée ! Après le précipice de ton absence, je m’en vais, vaille que vaille, chez notre voisin Martin le patron du bar. Arrivé à bon port, ce n’est pas duraille ! Vu la distance qui me sépare de mon vice, j’enfile sa porte sans coup férir et j’annonce histoire de réveiller la populace : « Bonjour la France profonde ». Ca rigole jaune ou l’incompréhension ! Mais peu importe, je ne suis pas là pour satisfaire leur ego mais pour me venger de leur suffisance de bienheureux alors qu’il m’était arrivé une chose désagréable. Donc je rentre dans le bar, je serre la main, la fonctionnelle, la droite, celle que la plupart utilise pour éliminer les dernières gouttes du sexe en dégorgement, frotte celle-ci à mon pantalon, je m’en fous puisqu’il est sale, enquille tout de go une leffe bien fraîche pour sentir l’ambiance. Quand on parle d’ambiance, j’imagine, toi aussi, le boost qui en découle. La musique à fond, le serveur qui lance les bouteilles en l’air, genre « un fizz de la mer de SOA, pas de blem « , une danseuse nue qui se trémousse, son boulot est d’aguicher le manant et ainsi de suite. Eh bien non. Un péquin vidant sa Leffe au coin du bar, le coin le plus reculé de la vitrine. Martin m’a expliqué que les mauvais garçons ont tendance à boire leur verre loin des yeux de l’extérieur afin de ne pas se prendre une prune sans le savoir ! Je serre donc les mains, au mauvais garçon d’une part et à deux aficionados impersonnels qui fomentent le trouble plus que la vision. Assis comme la gravité l’exige, coudes sur le comptoir, yeux rouges comme les couilles trop cuites d’un bœuf, chien en laisse qui patiente dans son désespoir. Le coup percutant de « la franche profonde » désarçonne mais pas plus. Il faudrait, je pense, un soupçon de cataclysme pour égailler le bonhomme endormi. Je m’installe au bar à égale distance du mauvais et des endormis. On ne sait jamais, ils pourraient se réveiller ! Martin sourit et sourit et sourit. Je suis apparemment le bienvenu. Suis je du pognon ou suis-je Pascal ? A voir…En tout cas je ne suis pas attendu mais je marche sur le tapis rouge de la lie d’alcool en flot. Il peut sourire le bougre ! Lui sait même s’il ne sait pas que je suis prédisposé à accomplir le cercle virale de l’alcool sans condition.  »Ca va Pascal » « Non » « Sers moi une leffe » « Bien la voilà ». Je sombre mais je ne dis pas. Trop facile de montrer à mes playmobils que je vais leur polluer la vie, endormis et mauvais garçon compris. Ils ne le savent pas mais je me délecte à l’avance. Je vais sortir la phrase qui tue, le malaise solide comme les jantes de quatrexquatre de Martin qu’ils ne vont pas comprendre que je les réveille sur la ceinture qui les préoccupe. Je laisse traîner le suspense ! Il sera toujours temps de leur balancer mes états d’âme. Je patiente, viral que je suis. A quand le moment où l’assassinat va jaillir. Mon grand défaut, c’est que je savoure et je savoure, je sais déjà à l’avance que le peu d’alcool qu’ils ingurgitent à mes frais vont leur coûter tellement cérébralement cher que j’ai atteint l’orgasme avant qu’ils ne sachent la vraie raison de mes tremblements. J’exulte au point que je ne peux pas révéler la somme de déjections qu’ils vont se foutre sur la gueule. Je remets une tournée. C’est trop bon déjà. Les endormis se réveillent et le mauvais garçon pas trop con sent l’embrouille et se casse.

Qu’importe ! Les endormis suffiront amplement à mon décor. je relance une tournée. après tout, il faut que mes sujets d’expérience soient dans de bonne condition de réception. Grillés, ils sont, à point la cuisine, je peux commencer les épices… Martin, en bon patron de bar qui en a vu d’autres m’observe. Il suppute l’événement mais il n’entrevoie pas les sources. Je ne suis pas agressif donc dans l’immédiat pour lui le tenancier, le dealer d’alcool, je ne suis pas un sujet dangereux. Il laisse couler la bière ou le whisky de ses réserves sans discontinuité car la caisse se remplit à vu d’œil. Par contre, ma manière le rend perplexe. Il ourdit une sombre rhétorique qu’il n’arrive pas à cerner. Lui comme les endormis attendent avec appréhension ou curiosité la suite de mes turpitudes. Ils n’ont pas tort.
J’avale un xième verre tout dans l’humeur, une sorte de carburant à déflagration, le gign de l’alcool. Je n’ai pas de gilet pare-balle mais le taux est mon ami et je lui rend bien. Degré après degré, je forme le volume des instants chavirés comme dit l’autre. Il va être question de sublimer mon liquide et, là, je sens que mon amour du prochain approche mon cran d’arrêt. Je rigole comme un pape sénile. Je sais que l’instant grimpe à mon cerveau ! Martin entrevoit les premières difficultés ! Je ne suis pas violent, ni discourtois, ni intello foireux mais tout de même ! Ca va dis-je pourrait aussi bien être formulé comme connard, t’es content d’être déjà mort ! Forcément Martin qui a un certain bagage du touriste dans son établissement, à défaut de comprendre, et aussi à défaut d’entreprendre, pige tout de go que l’absolu de mon comportement va créer des problèmes. Il est bien le seul ! Ceux à qui je m’adresse n’ont pas la notion du verbe que je leur distille mais comme tous les animaux sur terre, ils ont le sens de l’agression sous-jacente. Le ciel va leur tomber sur la tête, le temps pourrait causer leur perte, a fortiori, dans l’instant, je représente l’animal en quête de chair débile. Ils le sentent, les bougres. La gazelle Thompson, bond après bond, a plus de chance de s’enfuir, la brousse n’a pas de barrière. Les endormis sont mes victimes. Je ne supporte pas les endormis, surtout quand ils n’ont aucune drogue dans le cerveau ramifié. La gazelle défend son gigot, l’endormi défend son sommeil ! Je lisse mes crocs. Je retourne mon pelage pour paraître mouton. Je frotte mes couilles sur le comptoir pour marquer mon espace. Je suis prêt. Prêt à envoyer dans un jet perfide mon urine de voyageur, de nomade à la face des bétonnés, les surfeurs du ciment rapide.
 

Suite au prochain numéro

J’enquille à longueur de journée. Un rythme qui m’indispose. Je ne sais comment leur dire que l’ennui est mon tremblement qui agite leur cerveau. La chose désagréable qui habite mon agis est la chose désagréable du tout soit tout qui’ils vont morfler. Faut qu’ils morflent. Sinon ce n’est pas valable le tant soit peu. Les moutons à rétorsion, ceux qui acceptent l’envie d’être fouettés alors qu’ils ne savent pas que cela fait mal peuvent définitivement crever en silence.  Je les enquille les endormis. En douceur et avec gentillesse. Je les envie presque d’être inconscient de la somme des tortures que je leur distille. Je ne parle pas du bien ou du mal. Ni du ce qui me transcende ou qui m’élimine. Peu importe. Mes endormis vont morfler comme jamais ils n’auront l’occasion de souffrir. Après tout, pourquoi moi et pas eux. Je sers une goutte de calvados, puis une goutte de whisky, puis une goutte de bière et après tout, ils sont à point. Dons je leur sers une goutte d’overdose. Je commence à les percevoir comme un excrément d’homme, une portion de répugnance que, a priori, je gère à mon niveau. Ils enfilent, j’enfile. Après cela, le dégoût est universel, celui de l’enfileur et celui qui enfile. Va savoir lequel qui amasse le plus dans cette histoire. Moi, j’ai toujours mon truc désagréable qui perdure au fond de moi. C’est la simple raison pour laquelle je raconte ma trace. Plus j’avance, plus je m’excommunie, en gros je m’exclus. Je sens que les portions de mon humeur ne peuvent trouver de solution dans mes débordements éthylliques. Ma désagréabilité correspond à ma chance d’être différent du commun qui me fait marcher, qui me fait manger, qui me fait boire. Qui me fait bander. Non je ne bande pas. Je ne bande plus. Ce n’est pas possible d’être comme ça sans avoir des neurones affaiblis. Ah Ah  Ah Moi je bande et j’ai des neurones tous neufs ! Merde j’achète ! Combien ? Je te laisse ton corps en pleine forme et je prends tes neurones à débattre. Combien ? Toi tu es comment ? Tu vends quoi en toi ? Euh… Je suis sans morceau, je suis sans erreur, je suis sans ego exacerbé, je suis pauvre. Alors combien ? J’achète une jambe et une sensibilité. Combien ? Ecoute…c’est difficile à dire vu que je n’ai jamais vendu… Oui, je suis d’accord. Mais puisque tu vends et que tu es pauvre…combien veux tu pour le bon que tu as ? Ben… ma femme… mes enfants…. AH c’est que tu vends ? Ce n’est pas toi ? Tu n’es pas prêt. Ok je t’absolue. On le joue ? Hum…. C’est quoi l’enjeu ? On le joue ou non ? On joue quoi d’abord ? Ben toi, ta femme, tes enfants. On joue ! T’es pauvre donc on joue ! Oui mais je n’ai pas de sous ! Peu importe puisque tu joues…Les sous on s’en fout. OK ! Moi je connais le 421 et toi ? Moi pareil ! Je prends et je prends. Après tout je m’en branle. Tu gagnes ou tu ne gagnes pas ! Après tout je m’en branle.
L’histoire pour justifier sa vente !
Il était une fois un gagio, un étranger qui voulait toutes les femmes du pays. Il arrive comme un seigneur à l’orée du bois, sur son cheval « précipice » et grimpe la colline pour estimer son droit de bandeur. Il entrevoie moult femmes à engrosser à foison. Son mobile l’emmena direct à la source et direct aux vagins des femmes. Les taureaux du coin n’ayant qu’une couille asservie, ont ni une ni deux surtout une, accouru pour préserver leur cheptel. Il dut de son précipice fourbu inventer une sarabande pour que les taureaux couillus de l’une puissent inventer une fête foraine. Moralité : quand tu veux bander, invente un artifice pour paraître anodin. Et là vagin agile est ton certain.
Alors tu as fait 5-5-3 thérèse. Ca gagne certains. Je relance un dé, un, deux dés, un, trois dés, six. Je gagne.
On boit quoi ?
Euh…. J’ai pas de tunes….
Pas grave…laisse tomber… Ta meuf ?
Euhhh…. Tu fais crédit ?
Martin : Y fait plus crédit ! Y est blindé !
Moi : Ah ! Ta meuf ?
Euh……
 

Suite au prochain numéro
Dans lequel il vend sa femme et ses enfants…..
 

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