Une tension en direct

Je suis un otage pas malin ni finaud ! Je reste à ma place comme un dur de cuir qui n’est pas désigné ! Je bascule sur mon siège pour trouver une place plus adéquate. Un fesse moins raide ou un dos moins tendu ! J’attends ! Je ne suis pas sur la liste donc je dois me faire tout petit ! M’ont-ils vu ou non ! L’un déambule avec son gros canon de pouvoir sur nous, l’autre plus énervé trimbale sa fonction comme une terreur. Je regarde ou je fais profil bas !

« L’un de vous va mourir. »

Lequel ! Sur quoi ils se basent pour choisir leur sacrifice.

« Ils n’ont pas répondu à nos exigences donc nous allons prendre l’un de vous comme exemple ! »

Merde ils sont capables de me choisir ! On est 239 donc je suis un sur deux cent trente neuf. Je recalcule. Un sur les autres égal une chance d’en réchapper.

Est-ce que leur calcul est logique… Je me demande… Pour l’instant, ils ne m’ont pas vu ! Est-ce que j’ai bougé la tête ou un membre pour qu’ils me voient ? Nous sommes deux cent trente neuf ! M’ont-ils vu !

Je suis sur mon siège comme un anonyme, voire un chewing-gum collé sur un rebord. J’obtempère. Euh…. Je profile très bas !

Un otage « le con » demande : Que voulez vous ?

La terreur absout  » tu me parles », l’autre baisse sa face. Les 238 respirent…il est mort !

La terreur a très bien compris la question. « On veut mourir en héros ». C’est foutu ! Il ne sera pas désigné ! Il lui a répondu ! On est dans la merde moins un ! On est deux cent trente huit ! Il ne l’a pas tué !

Le con a osé et il n’est pas mort ! Un autre demande « en héros ? ce veut dire quoi ? »

La terreur ne répond pas ! Mauvais signe ! Le pouvoir sur pied qui, placide, ne mouftait pas un mot balance une bastos dans la gueule du curieux. Froid, vide, plafond, chaussures, ongles, cheveux, fesse gauche et droite, humeur hypnotique. Un mort, nous sommes deux cent trente sept moins un, celui qui pose les questions. Mais pas sûr.

On est 236 ou 237 !

On est en tout cas dans la merde !

Ce n’est pas la terreur qui parle mais le placide !

« Le prochain qui pose une question à la con comme ça est mort. Par contre celui qui pose une question intelligente sera épargné ! »

Mince. il veut dire quoi !

« Si personne pose une question intelligente, nous serons obligé de finir les autres comme ils ont vécu, c’est à dire dans une boucherie indescriptible. »

Mince, c’est pas gagné !

Silence de mort, tout le monde cogite, pense, veut !

Un au fond de la salle se lance. Il en faut toujours un pour essuyer les plâtres !

Puis je poser une question ?

« Tu connais la sentence ? »

Oui, mais comme personne ne veut… Je la pose et je ne veux pas mourir.

« Vas-y »

C’est quoi un héros ?

« C’est pas toi ! »

Vlan, la terreur lui met le flingue sur la tempe et lui explose le cerveau.

Je fais dans mon froc et je suppute que la question était mauvaise !

Froid, silence, picots sur peau, circulation sanguine excitée, pantalon sale.

Un autre plus malin, le 234, lève le doigt !

« oui » le regard carnassier.

J’ai une question ! Je peux ?

La terreur et le placide ne disent rien. Ils l’invitent à s’exprimer. La terreur vérifie son cran et le placide huile son silencieux.

Mourir en héros, vous lui avez répondu juste avant, ensuite l’autre a demandé ce qu’était un héros et il en est mort. Je pense que c’est une insulte pour vous que quelqu’un demande si un héros peut mourir ou que le fait de mourir puisse être autre chose que de mourir en héros…je pose donc la question : Est-ce la mort anonyme qui me fera prendre une balle en pleine tronche ou le fait que je ne sais pas quel héroïsme qui vous pousse à finir mort ?

La terreur et le placide se regardent longuement.

L’énergumène qui a posé la question triomphe par modestie, humblement en jetant des regards de connivence vers son entourage proche. Clignement de la paupière, pincement de la joue, revirement de la lèvre.

Il exulte. Ce con.

Le placide qui n’avait jusqu’àlors pas dit un mot lui répond : « C’est bien joué et cela procède d’une finesse qui n’est pas de l’ordre de la survivance. C’est aussi retourner une situation que apparemment vous n’avez aucunement conscience. Vous nous posez une question comme si nous échangions quelques phrases dans un salon de thé.  Sauf que nous ne sommes pas en train de discourir sur le troisième trou du parcours de golf. » Et dans la même veine, l’homme, le malin se prend d’une part un méchant coup de crosse dans la figure et d’autre part le même malin s’envoie dans la narine droite du nez une balle de 9mm qui remonte aux neurones et qui le décalotte.

L’éclaboussure est à la mesure du geste. Rouge papier peint.

233.

On n’avance pas.

La terreur se réveille. Le sang le bouste. « A la question suivante… »

Tout le monde se regarde en chien de faïence. Tout le monde avait trouvé la question du décalotté super bien !

Si avec des questions aussi subtiles, on s’envoie en l’air ! Alors il faut un sacré neurone pour ne pas virer à la déflagration.

Etes vous dans l’histoire ou non ?

Quelle question aimeriez vous poser aux preneurs d’otages ?

Etes vous sûr de vous en sortir avec la bonne question ?

Si vous voulez des détails, le numéro VERT est 06 09 41 04 23

Si vous vous désirez une chance, vous devez écrire la suite.

Prochainement.

Il sera question de la disparition du 230. Un maladroit qui craque à cause de la pression. Il puisait tout son énergie dans l’anonymat. Il s’est lui-même auto-détruit ! Etes vous du même acabit ?

Pour des raisons d’interactions, la production n’est absolument pas responsable de la suite des événements.

Elle s’autorise par pure déontologie de masquer pudiquement les scènes d’horreurs. Le public aux heures de grande écoute peut être choqué par des séquences dont nous n’avons pas la teneur.

La production s’autorise encore à tout moment d’arrêter l’histoire si l’objet et l’envie qui découlent du phantasme prennent des proportions incontrôlables.

En aucun cas les techniciens qui participent à l’émission ne doivent être pris pour cible.

La question est majeure et doit le rester.

La production se réserve le droit de sélectionner les personnes qui auront l’énergie pour s’octroyer un rôle d’otage et donc de questionner les preneurs des dites victimes.
Le casting pour ceux qui ont le pouvoir de tuer se déroulera sur motivation écrite, seulement écrite. La personne qui voudrait passer à la production avec tout son armement fera l’objet d’une poursuite sans discuter. La police est notre partenaire.

En accord avec le CSA (le conseil supérieur de l’audiovisuel), nous pourrons à partir du 210eme réaliser en grandeur nature la suite du drame.

A bon entendeur…, toute volonté de participation à partir de cet épisode donnera droit (Mr jacquard Huissier de justice validant le concours. Joignable pour informations au 06 09 41 04 23) à un tirage au sort pour un séjour de 2 personnes à l’Hôtel Bis, suite mouvementée et bains perturbants.

Avis aux amateurs.

La production ne vous veut que du bien !

« L’amour existe,

Nous l’avons inventé ! « 

 

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