J’ai mangé seul et j’ai vu

Je mange seul, c’est la seule fois ou je décide de manger seul. J’ai des tonnes d’occase de manger avec plein d’autres mais là une envie soudaine de manger sans avoir à devoir du discours ou de la logorrhée ou de n’avoir personne à qui répondre en tous les cas. Je mange seul. Content d’être seul et content d’avaler sans avaler les sentences de tous. Je m’assois et je commande dans la petite pièce attenante aux gens solitaires tout en ayant une vue excellente sur la vie commune. Je commande le plat le plus cher ! Je suis seul donc je commande le plat le plus cher ! Même à deux ce plat deviendrait horriblement hors du marché mais moi seul, à donf, à seul, je le trucule. Je commande et je regarde. Un couple mange et un quatuor enfile et un groupe de dix personnes avale.
La situation gastronomique est en place. Je ne dis rien. Je pourrais brancher le quatuor ou le groupe mais l’observation prime. Je commande. Un vin fin pour solitaire et une nourriture fine pour solitaire. Je ne suis pas là pour étudier mais comme je mange seul, j’ai l’occasion de voir. C’est complètement anodin ce que je dis sauf si….le couple qui enquillait la fin de digestion comme moi eut une perte d’excellence. Pas la femme qui avait tendance à me regarder comme un gardon perdu et l’homme, la canne de pécheur sans vers eut compris que le gardon lui échappait. Moi, mine de rien, je prenais un café et un autre pour voir la finalité du couple.
A table le couple prit une tournure étrange du gardon gardé. Le male sentit bien que la belle avait l’œil au quarante-cinq degrés. J’avais bô commander des cafés pour faire genre, que la belle n’avait aucune suite que de me reluquer. Je suis comme un crocodile ou un caméléon, mes yeux ne font qu’un tour. Et je voyais avec mes 270 degrés que la la belle n’avait d’yeux, on dit, n’avait que son sexe pour moi !
La télépathie s’impose pour l’histoire sinon vous n’allez ou inhalez rien comprendre.
J’essaye d’être clair à défaut d’être intéressant ! Donc la belle me reluque en sous-main. Le gonze sent anguille sous roche, Grave. Il n’a pas l’impression mais je le sens tendu comme un arc de chèque encaissé. Pour vous situer la place, je suis assis à une table anodine et eux sont placés à ma gauche à 11 h. Le placide de dos et l’attente de face vis à vis de moi. D’où la situation inextricable.
Je vous précise que j’observe tout le monde et aucun cas je fous la  zone dans leur couple dont a priori je n’ai que faire ! Je repère de la même façon eux et les autres mais à brûle pourpoint, comme ils sont plus proches, je vous parle d’eux. Ils mangent comme des gens normaux qui mangent. Rien à dire = RAS. Moi aussi je déguste ma commande, en l’occurrence un couscous mechoï.
Comme je vous disais jusqu’àlors, nous étions plus ou moins synchronisé sur le fait d’ingurgiter.
On remplit la panse à fond, voire à donf. Le couple n’avait échangé pas plus de deux phrases compte tenu que parler la bouche pleine n’est pas forcément une manière amoureuse. Je mange, tu manges, je te dis « oui », ou « non » mais attends que je déglutis. Moi de même, dans mon coin, mange sans réfléchir. Je les rattrape à force de ne rien onomathépiquer.
Nous sommes au même virage. La demoiselle que j’observe en loucedé demande à son convivial la suite des événements. Normale, humaine, repue, suite et fin. « Qu’as tu à me dire » semble réclamer la repute.
Lui, (je vous rappelle que je suis en osmose avec ce couple), commence à roter comme un pu repu face à ses intestins.
L’erreur ! Jusqu’àlors tout paraissait normal pour la belle mais now l’ours apparaissait à sa juste suffisance et elle, elle voulait la suite de l’histoire qu’il était incapable de lui fournir malgré le vin et les clopes !
D’ou la mutation de la belle voyant son don juan se déballonner au fur et à mesure qu’il se subtentait. Elle mangaille, elle rigollaille, elle percutaille mais elle chatouiaille de la verve du soudoyeur.
J’avais repéré sa nuque au gonze et je me positionnais comme un sauveur de mer pour ce petit gars pas à la hauteur.
En voyant sa nuque, j’avais vaguement l’impression qu’il devait digérer voire faire la sieste avant d’être opérationnel. La miss avait très bien ciblé le personnage et commençait à visionner autre part !
Moi, étant dans son champ, potentiellement plus réveillé, pouvait correspondre à son aptitude.
Ni une,ni deux, je détournais mon regard de caméléon, non pas pour la mépriser mais plus pour lui remémorer que la sportivité est un principe du manager !
Elle m’a regardé et moi je l’ai vu et sa nuque m’a remarqué mais elle avait décidé a priori de manger avec son sportif et si celui-ci a des fautes gastriques, elle doit assumer le rythme au moins pour la saison ! 
Manager est un sacerdoce !
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