Délit de fuite
Je suis en pleine fuite. J-8. Le barnum prend l’eau. La plaie qui sévit au niveau de la salle de bain prend la fuite ! Le robinet du dentifrice ne répond plus. Le froid n’est pas sa fonction. Il distille le chaud dans l’exaspération. Il goutte tout ce que le cumulus peut transmettre par ses interstices mal comblées. Le chaud fuit dans un sac en plastique adapté au manque. J’en ai marre. Je réagis avec force adaptabilité.
J’achète à bricorama un conduit avec une reliure avec un robinet pour qu’il ne suinte plus. Le spécialiste me parle d’un point d’arrêt. Je ne m’insurge pas et je prend tel quel la forme. J’achète. Premier niveau de l’histoire. Chez moi, plein de bonne volonté et plein d’outils inadaptés, je fonce vers mon humeur. Que dis-je ! Vers ma fuite ! Je prends les outils en main, dévisse et dévisse le dysfonctionnement puis remplace avec les surplus que j’ai acquis. Je suis content. Je mets en cours l’eau de l’étage pour vérifier mon élaboration. Je tourne le robinet d’accès à l’eau. Grimpe ni une ni deux vers la salle de bain et hop c’est l’inondation ! L’eau se répand comme une rigole qui rigole ! J’arpente le dit étage dans le sens inverse et ferme le conduit de mes soucis. Je remonte et analyse. Ca fuit, pourquoi et comment ! J-7.
Je découvre à mes dépens que serrer trop fort un joint nuit à sa fonction. J’avance sauf que demain je dois passer à la douche et que je n’ai toujours pas d’eau. Ai-je mal serré le binz ? Il est tard, et je mets en attente avec un sac dessus la fuite pour le lendemain me laver tout de même !
Je vaque à mes occupations habituelles, réponse émail, circulation sur le net et tout le toutim afférant à ma manière de vivre. Je ne perds pas le nord de mon histoire sauf que je ne peux pas réagir comme un pompier sur l’eau chaude qui ne coule plus ! J-6. Je prends ma douche avec un léger froid dans le dos ! L’eau n’est plus à ma moelle. Je m’insurge ! J’ai fait acte de civilité avec le matériel ! Il ne me le rend pas !
Pas le temps, ni l’envie, je zappe et me frigorifie ! T’as bu ton café ? Ben oui il y a bien longtemps et froid en plus ! Keke ke tu me veux ?
Je passe la journée comme un warrior mal dégrossi. Je tue et je tue. J-5. Je passe une journée horrible. Je ne me suis pas lavé et j’ai l’impression que tout le monde me renifle comme une proie mal léchée. Je pue ! Ou tout du moins j’ai l’impression de puer !
Je côtoie des personnes, je fais des courses dans les supermarchés, je frôle les murs en prenant des poses d’invisible, un bras en l’air une main étendue comme un éventail, je survie ! Je sens ! J’ai envie de péter mais l’odeur va rajouter à mon mal-être. Je suinte pas forcément dans mon corps mais alors dans ma tête vous ne pouvez imaginer ! Je rentre chez moi comme si la chiasse avait taché mon fute !
Ouf ! je suis à la maison ! Je pue mais je chuis seul ! Je cherche une solution ! Ce n’est plus possible d’être aussi con ! Les gars que je connais auraient trouver une solution !
J-4. J’ai pas la frite. J’en ai marre des problèmes et des solutions à donf ! Les répétitions des hypothèses et des réponses ! Je suinte encore plus que le J-5 mais je ne vois pas le bout de l’histoire. J’ai fermé la porte de la salle de bain pour ne plus entendre la fuite. Je copule mon lit pour lui donner les odeurs que j’exècre. Je pète mes vents, relève le drap pour les humer, pète encore pour humer mieux la purulence. Gratte le cul pour ne plus pouvoir acheter du pain. Mes doigts sentent. Je reste au lit, morfondu, mort et fondant. Je commence à sentir dans mes reins mes excès, les plis du drap du 24 heure, je morose en apprenant un peu plus sur les ours blancs qui cherchent un rosbif dans les glaces. Ca chauffe trop au niveau du dos et je frise les esquarres. Je suinte comme un bon feu d’ordures.
Je me lève et consulte mes mails. Ah un message ! le sauveur ! Je teste la position debout pour répondre ! Une dose d’humanité auquelle je sniffe. Un gars, une fille me cause. J’enfile mes attirails de debout et claviote comme un déterré.
Passer cette overdose, je me rabachis tout mou dans mes mains qui sentent mon cul tout puant. Je rentre dans l’antre de mes miasmes. J’entends toujours le goutte à goutte de la salle de bains et je n’ai toujours pas trouver le sens ! Je dors de stupeur et de fatigue aussi.
J-3. Le bruit me réveille. Pas le bruit de la fuite mais plus le bruit de mon fond. J’allume la télé que je regarde dans le lit qui pue mon corps et j’essaye de comprendre où je suis. Ah oui je suis dans mon lit suintant ! Merde ! je recommence la même vague ! Yen a marre ! Je n’ai plus la force de sortir du matelas ! Je fume une cigarette. Là je suis en stock ! J’écoute. Les sons. Chuintement loiintain qui me désespère. Faut que je réagisse sinon à quoi ça sert ! Lève toi pascal tu n’es pas qu’une larve. Pas envie comme hier, pas envie comme avant hier, pas envie. Je regarde l’émission de 9h tous les matins sur la 5 ! Cette fille, l’animatrice me branche grave ! J’aime sa manière de causer de tout comme si l’importance était ailleurs. La notion communicative d’un thème ordonné mais pas virulent. Je vois sa tête tous les 9 heures et je scrute son humeur au travers de sa manière de s’habiller. Comment dégage-t-elle aujourd’hui ? Elle est habillée en violet. Ca m’éclate. Je suis amoureux d’une image du matin à 9 h. Si j’étais moins puant et moins flasque je tendrais vers ce type de femme. La femme pas l’animatrice qui sévit tous les matins avec le même acabit. Je suis dans la couette, ça chauffe le sommeil du mal propre et je suis bien car la journée est la même qu’hier. Je suis toujours dans la fuite !
J’ai soif ! Faut que je bois ! Merde ! L’eau se barre, je commence à en manquer. Je dois boire mais je ne veux pas me lever. Je ne suis pas encore liquéfié. J’ai soif ! Un son sournois, the son sournois percute mon cerveau de mou. Faut que je réagisse.
Je me lève et circule dans la salle de bain, j’ouvre la porte, hume, tape un bon coup sur les joints, chie dans la cuvette longuement. J’observe. Je suis sale et branlant. Je suis au bout ! J-3. J’y crois pas comment je peux en arriver à ce point. Ca me convient !
Je commence à voir des plaques de mauvaise santé sous les bras. Des rougeurs suspectes qui s’étendent dans les poils et des odeurs nauséabondes qui se répandent sur tout mon corps. Le pli du joint des fesses se fissure, le dessous des testicules squament, le trou du cul s’ouvre, les yeux rigolent, le front brûle, les cheveux tombent, le ventre gonfle, le pied s’encorne, la chaussure se trompe, la cuisse pique, le genou vrille, le nombril grotte, la main tremble, le bras coince, le mental vire.
Il est temps de réagir à moins d’en finir. Je réagis ! Je me lève tant bien que mal, pas convaincu, pas exacerbé.
Je me lève tout de même ! Pas pour faire de grandes choses mais juste pour manger et boire et acheter accessoirement des bouches pour les lendemains.
Je bouge petitement ! J’aère la chambre et le lit ! j’entrouvre les fenêtres et les draps.
J’ai froid ! je referme vite les écoutilles et me rallonge dans les nippes sans verdir. Je suis content j’ai levé un voile !
J’ai vu la salle de bain sans me rendormir ! Ou plutôt j’ai vu et je sais maintenant quoi faire. Ca bruisse mais je sais !
Un derrick, un renard, un enquête à domicile plus tard, j’ai faim encore ! Je ne sais plus si j’ai faim d’hier ou de maintenant mais j’ai de plus en plus faim. J’ai soif aussi et j’ai envie de pisser dans mon ventre, une grosse vessie en veille. Je dois me relever ! Je pousse la porte de la salle de bain à nouveau et entends l’eau qui coule encore dans le sac plastique et dans mon oreille. Je pisse et exulte.
J-2. Ca va chier des bulles. Il est hors de question que je sois le seul à suinter ! Je hais mon robinet comme un mauvais combattant ! Je ne suis plus d’humeur à supporter ses pouvoirs de bruit disturbant ! Je lui fais la nique ou il me nique ! A choise ! J’enfile mes pompes avec le ferme décision de ne rien lui laisser ! Celui de me remettre au lit ou l’autre de lui taper dans la gueule. J’ai été le voir dans sa situation et rigolo ou non je ne lui cède plus un choix d’humoriste à mes dépens ! Il est mort ! Il a hurlé pendant 6 jours et « Omar m’a tué ». Je ne lui laisse plus le soupçon d’acte. Il m’a tué et maintenant je le tue ce con. Un copain me raconte que si un robinet essaye de te prendre par derrière, prend par devant et ouvre sa bouche jusqu’à qu’il ne puisse plus la ramener. N’importe quoi !
Je fonce à Bricorama pour compenser ses fuites ! J’acquière une tonne de gaffeur à connard et rejoins mon domicile cradoc mais équipé. Je l’emballe avec des kilomètres de turban étanche, et je l’emballe et je l’emballe. Je lui retire l’apnée et la bouteille ! Il ne peut respirer que par le robinet d’arrêt que je lui ai offert. Il goutte encore malgré mes emplâtres que je lui colle sur la tronche. Je trouve dans l’atelier du gaffeur ! L’arme fatale ! Je bourre les joints de gaff. Il trouve une faille dans le mécanisme ! Casse la tienne, je rajoute du joint étanche dans sa gueule. Ouf ! Il demande répit. Allo, je ne serais pas long car je sais que je suis sur écoute mais j’ai pris le fils Robinet en otage et je demande une rançon de 6 millions d’euros ! Ne prévenez pas la police.
Cling ! Je raccroche. La famille Robinet est très mal ! On a pris notre fils en otage.
J-1/ Monsieur Robinet réagit comme tout bonhomme d’affaire: « je n’ai pas le liquide, appelons la police elle saura quoi faire ! » Madame R : Tu n’y penses pas chéri, le fiston en dépend, notre Robinet fils ! et toi tu veux appeler la Maréchaussée !
Mr R : On a un jour pour trouver une solution. Entre temps, je le vois dans sa pure fonction, il est attaché à son tuyau et je ne le plains pas car près tout durant sept jours il a violé mon mental ! Je suis bien content de le tenir à l’œil ! Et qu’il ne puisse plus m’acuponcter sans que je le veuille.
J’ai l’intention de l’emballer dans du gaffeur encore plus afin qu’il ne puisse plus causer sans réfléchir. M. R : Allo la police…
Me R : tu es sûr chéri ? On ne fait pas une bêtise ? M R : Non on ne peut pas gérer les fuites mais ce sont des professionnels, ils pourront combler les trous dans l’enquête.
J’exulte ! Au yeux de ce trou du cul, je suis un serial killer, et un otagé répondant ! Je ne suis plus à ses dépendances. Il m’appartient et je peux le fracasser !AH AH AH AH AH…. Ici la police des objets… expliquez tout !
M R : un inconnu a pris en otage notre fils 20/27 sortie 15/21. Il a appelé et a rigolé sur le fait qu’il allait le gaffer dans la journée s’il n’obtenait pas 6 millions d’euros. Inspecteur Plombi : A votre service. Quelle était sa manière de vous revendiquer ?
M R : revendiquer ????? Que voulez vous dire par là ? Inspecteur Plombi : Le ravisseur exige. Il revendique ! Il veut ! Il tend vers l’adversité exacerbée de celui qui a le pouvoir ! Il anarchise son bien ! Il plait à son désir, il dispose, il nous instruit dans son délai, il braque l’objet façonné, il enjoint, il nuit….
M R : Euh… Il a enlevé notre fils 20/27 sortie 15/21 ! Inspecteur Plombi : Est-il fiable ?
M R : Qui notre fils ou le ravisseur ? I P : Votre fils ?
Me R : Monsieur l’inspecteur, je ne vous permets pas de douter de la fiabilité de notre progéniture !!!! I P : Dur ! Alors… Si votre fils est fiable, nous aurons beaucoup de mal à le récupérer !
Me R : …… (pleurs) I P : on va mettre le SAV sur écoute !
M R : Bonne idée. « Allo le sav, j’ai acheté un 20/27 sortie 15/21 qui n’arrête pas de fuir, je suis ultra mécontent ! Puis-je me faire rembourser ?
Oui Monsieur, donnez moi votre adresse afin que je puisse vous envoyer votre… » Cling ! cela a coupé !
Inspecteur Plombi : Je suis sûr que c’était notre homme ! Me R : Moi aussi !
Inspecteur Plombi : Ce que je ne comprends pas…C’est pourquoi il parle de 20/27 sortie 15/21 qui fuit ! Vous êtes sûr qu’il est fiable votre fils ? Parce que dans le cas contraire, ce n’est pas un otage mais un tueur ! Me R : Je ne vous permet pas de parler de mon fils de cette façon, moi je suis une 20/27 très porteuse et mon mari spécialiste des 15/21 a toujours eu du succès auprès des tubes femmes ! Je ne vous permet pas de douter de la sorte !
Inspecteur Plombi : Mais…si il appelle le SAV, c’est qu’il y a une bonne raison ! Non ? M R : Pourquoi il veut une rançon alors ??? Pour juste embêter le SAV peut-être ?
Inspecteur Plombi : Je ne sais pas je ne suis qu’inspecteur ! Peut-être a-t-il eu un dégât des eaux avec votre fils…..C’est pour cela qu’il réclame 6 millions d’euros…. Me R : Vous n’y pensez pas inspecteur ! Notre fils 20/27 sortie 15/21 qui aurait fait un tsunami à lui tout seul !
« Allo le Sav, j’ai résolu le problème, j’ai bâillonné le robinet avec du gaffeur d’électricien, il ne respire plus, merci ! » Cling il a raccroché.
Me Robinet : Mon fils….. M Robinet: Mon fils…..
Inspecteur Plombi : Allo chef l’affaire est réglée…Quoi…. Une chaudière qui demande réparation…Y en marre… Il est tard !…. Des heures sups….Ok Chef j’y vais ! Messieurs Dames ! Me Robinet : Vous ne faites rien ! Vous êtes bien tous les mêmes ! Mon fils ! (cri du cœur !)
M Robinet : Vous partez comme ça sans enquêter ! Je me plaindrais à qui de droit ! Notre fils est pris en otage et vous ne réagissez pas ! Inspecteur Plombi : Entre vous et vos tuyaux et la chaudière et les fuites, vous croyez que je m’amuse ! Après tout, téléphonez au directeur du SAV si vous n’ètes pas content ! Bien le bonjour !
AH AH AH j’ai vu le rob se dandiner dans sa gangue sans pouvoir faire un seule geste sans fuir une goutte ! AH AHA AHAHA il est mort ce con de 20/27 sortie 15/21 ! Je peux enfin dormir !
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